Vivre la déception

Vous êtes déçu des femmes, des hommes, des gens en général, de votre entourage, de la vie…

Qu’est-ce qui vous déçoit tant ?

  • Je pensais qu’il ou elle serait l’homme ou la femme de ma vie, je suis déçu…
  • Il ou elle ne fait jamais ce que je lui demande, je suis déçu…
  • Je pensais qu’il ou elle aurait plus d’ambition, je suis déçu…
  • J’espérais qu’il ou elle soit plus sensuelle, je suis déçu…
  • Je m’attendais à ce qu’il ou elle soit fidèle, je suis déçu…
  • Je ne peux jamais me fier sur lui ou elle, je suis déçu…
  • Je croyais que notre amour durerait toute la vie, je suis déçu…
  • J’imaginais notre vie autrement, je suis déçu…
  • Je n’aurais jamais pensé qu’il ou elle me mentait, je suis déçu…
  • Je ne peux supporter sa jalousie, je suis déçu qu’il ou elle agisse ainsi
  • Je croyais que nous nous aimions, je suis déçu…
  • Je n’en peux plus de ces engueulades inutiles, je suis déçu…
  • J’ai l’impression d’être seul à m’impliquer dans cette relation, je suis déçu…
  • Je croyais pouvoir lui faire confiance, je suis déçu…
  • Je pensais qu’on arriverait à se parler, je suis déçu…
  • Je suis déçu de ne pas vivre la vie que je souhaitais…

Pourquoi sommes-nous déçus ? De quoi sommes-nous déçus exactement ?

La déception est proportionnellement reliée aux attentes que l’on a. Vos attentes ne sont peut-être pas réalistes. Pourquoi ai-je toutes ces attentes envers l’autre ? Qu’est-ce que cela vient chercher chez moi ?

Il ou elle ne fait jamais ce que je lui demande

Nous sommes si concentrés sur l’autre, la vie de l’autre, les besoins de l’autre qu’on en oublie de vivre et de s’occuper de nos besoins. S’il m’aimait il devrait… faire ceci ou cela. Pourquoi le devrait-il ?

J’ai beaucoup de difficulté avec l’utilisation des verbes « devoir » et « falloir », qu’importe son temps de verbe. Il suppose une obligation. Pourquoi en aurait-il ? Qui a décidé que je devrais ou qu’il fallait que ? Ma vie m’appartient.

Si nos gestes sont dictés par des obligations, nous ne serons pas plus satisfaits. Le fait est que l’autre fait sa vie et ses choix. À vous de voir par la suite si cela vous convient ou non. Si vous l’acceptez ou non. Il est parfois dangereux d’accepter si cela signifie acheter la paix. J’utilise ici le terme accepter dans le sens du lâcher prise.

Vous n’avez aucun pouvoir sur ce que l’autre fait. Vous n’avez de pouvoir que sur vos propres choix, vos propres décisions. Vos besoins se doivent d’être verbalisés et entendus mais pas nécessairement répondu dans l’instant. Vous devez également cibler correctement ce besoin, parfois on fait fausse route sur l’indentification de nos besoins et on reste insatisfait même si celui-ci est répondu.

Exemple

J’ai une amie qui me disait souhaiter recevoir des fleurs pour son anniversaire de mariage. Que cela la rendrait tellement heureuse. Le fait est que si c’est vraiment les fleurs qui la rendrait heureuse, elle n’aurait qu’à dire ; irais-tu me chercher des fleurs pour notre anniversaire de mariage et tout le monde serait content. Mais en réalité, ce qu’elle veut c’est qu’il se souvienne de leur anniversaire de mariage parce qu’elle veut se sentir importante à ses yeux. Son réel besoin est son sentiment d’importance dans leur relation et non les fleurs.

Éliminer les attentes c’est être libre

La liberté est dans la responsabilisation. Être libre ne veut pas dire faire ce que l’on veut, ça veut dire que j’assume pleinement mes décisions sans prendre la responsabilité de l’autre. Vivre dans l’attente ne peut faire autrement que nous mener vers la déception et la frustration.

Je connais ce que c’est que de vivre dans l’attente de quelque chose ou d’un besoin non satisfait. C’est parfois très subtil et il est facile de se dire que ce n’est pas si important que ça. Que c’est un caprice de notre part, de se sentir coupable de ressentir un tel besoin. On peut attendre parfois très longtemps si on se fie à l’autre et ne s’occupe pas de ses propres besoins. Si on ne leur accorde pas assez d’importance. Un jour ou l’autre, d’une façon ou d’une autre, le corps ou la vie se chargera de vous faire comprendre de vous occuper davantage de vous et de vos besoins.

Exemple

Personnellement, j’ai réalisé très jeune que la télévision avait un effet néfaste chez moi. Déjà à 15 ans, j’avais fait le test de 40 jours sans regarder la télévision. Au début, je me sentais perdue et ne savais plus quoi faire de mon temps. Puis, après quelques jours, les idées me sont venues. Je bougeais plus, j’avais des projets et ma joie de vivre s’améliorait de jour en jour. J’étais fière de mes journées. Après 40 jours, j’ai décidé de recommencer à regarder la télévision. Rapidement, j’ai remarqué le changement. Le moral a commencé à être affecté, je n’avais plus de temps pour faire autre chose. J’avais un besoin de bouger qui s’évanouissait, comme hypnotisé par l’écran de télé. De plus, on finit par croire tout ce qu’ils nous disent. J’ai donc décidé de me priver de télévision. Ce fut une excellente décision.

Lorsque je me suis mariée, j’ai demandé à mon mari : « Je ne veux pas de télévision dans la maison mais j’aimerais avoir un système de son avec écouteur dans toutes les pièces, si possible, afin de pouvoir écouter la musique, danser et chanter ». Ce qui m’apporte une grande joie. Mon besoin n’a pas été entendu, il a pensé que ne pas vouloir de télévision voulait dire, je ne veux pas que tu dépenses pour ça. Nous avions 5 télévisions dans la maison à un certain moment donné et aucun système de son. J’étais déçu, frustré. Je ne me sentais pas entendu.

En réalité, le problème est que je n’ai pas pris ma place. Je ne me suis pas assuré de me faire comprendre dans mon besoin. Il disait que lui en avait besoin et moi je me suis dit que je ne pouvais faire primer mon besoin sur le sien. Je n’avais qu’à ne pas la regarder après tout. Mais non, ce besoin était beaucoup plus important que je le pensais. Il s’agissait de ma santé mentale et énergétique. À plusieurs reprises, certains téléviseurs se sont retrouvés dans le garde-robe mais me sentant coupable de priver tout le monde pour mon propre besoin, elles sont ressorties. J’ai finalement eu un système de son, 7 ans plus tard.

Mon attente était d’être entendu dans mon besoin et je ne l’étais pas. Il n’était pas compris et même il était jugé de ridicule. Si je m’étais assumée et avait fait respecter ce besoin, je n’aurais pas été déçu. J’ai été déçu parce que je me suis lâchée. La déception n’est pas réellement envers l’autre mais envers moi. Je ne me suis pas donné assez d’importance dans ce besoin. Je n’avais qu’à ne pas accepter que la première télévision entre dans la maison. À moins de créer une pièce privée pour cela où je n’irais pas. Pas accepter qu’il y en ait une dans la cuisine, le salon, la chambre, etc. Bref, dans toutes les aires communes. Ma réelle déception est envers moi.

La déception, qu’est-ce que c’est

La déception est ce que l’on ressent face à une situation. Elle résulte de nos attentes insatisfaites. Mais cela cache en réalité quelque chose de plus profond. La déception est un transfert de responsabilité. Nous devons trouver où est notre pouvoir dans cette déception, qu’est-ce qui nous déçoit vraiment et que ferons-nous pour corriger la situation.

Pourquoi aurions-nous des attentes envers l’autre ? Pourquoi ne pas se contenter de ce qu’il est ? Pourquoi le vouloir autrement ? Avons-nous mal choisi notre partenaire ? Pensions-nous pouvoir le changer avec l’amour ? Cette déception est-elle la résultante d’un manque d’importance que je ne m’accorde pas ?

Je n’en peux plus de ces engueulades inutiles

La grande question est ; comment se fait-il que vous acceptiez de vous engueuler ou que l’autre vous engueule. La conversation est acceptable, pas l’engueulade. Quelqu’un en colère peut parfois lever le ton mais vous n’avez pas à tolérer ce genre de comportement. Je n’ai jamais accepté qu’on lève le ton sur moi et je peux vous assurer que l’autre baisse rapidement le ton lorsque vous n’acceptez pas ça. Sinon, retirez-vous. Vous aurez un choix à faire suite à ça. Vous faire respecter. Cela veut dire, soit le comportement de l’autre change, soit vous quittez.

Je ne peux jamais me fier sur lui ou elle

Se pourrait-il que vous ayez pris sur vous toute la charge et que maintenant que vos épaules pèsent trop lourdes, vous en avez assez. Si l’autre ne peut respecter ses engagements il ne vous appartient pas de les faire pour lui(elle) mais de voir si vous tolérez ce manque de respect et d’importance envers votre personne. Prendre sa place et se faire respecter ne veut pas nécessairement dire rupture. Vous seriez étonné de constater comment l’autre peut modifier son comportement lorsque l’on se respecte dans nos besoins.

J’ai l’impression d’être seul à m’impliquer dans cette relation

Si vraiment la relation est plus importante pour vous que pour l’autre, que faites-vous encore là ? Comment se fait-il que vous acceptiez d’être si peu important. Cela est proportionnelle à l’importance que vous vous accordez à vous-même. On attire à nous ce que l’on projette. Quitter n’est pas non plus nécessairement la meilleure solution. Si vous n’apprenez pas à prendre votre place et à vous donner de l’importance, vous le ferez également avec un autre.

Je ne peux supporter sa jalousie, je suis déçu qu’il ou elle agisse ainsi

La jalousie est un manque de confiance envers vous. L’autre a-t-il raison de ne pas vous faire confiance ? Lui donnez-vous des raisons d’être jaloux ou jalouse ? Si vos engagements ne sont pas clairs, cela peut facilement provoquer ce genre de sentiment. Si vous respectez vos engagements et que l’autre vous tape des crises sans arrêts inutilement. Comment se fait-il que vous acceptiez cela ? Quelle importance vous accordez-vous dans cette situation ?

J’avais un ami qui vivait ça constamment, elle était hyper jalouse et elle lui faisait des crises régulièrement. Il en avait marre mais il les provoquait également. Il n’était pas du genre très fidèle et lui mentait pour la rassurer. Mais aucun mensonge n’est rassurant. Cependant, sa jalousie était exagérée, il ne pouvait même pas regarder un film si on y voyait un sein nu. Mais il est encore là croyant qu’à son âge, ce n’était plus le temps de refaire sa vie. C’est le choix qu’il a fait mais il se meurt, son moral n’est pas très bon.

Je n’aurais jamais pensé qu’il ou elle me mentait, je m’attendais à ce qu’il ou elle soit fidèle

En amour comme en amitié, la confiance repose sur le respect. Le mensonge et la trahison brise le lien de confiance. La personne qui ment est en réaction défensive. Elle a souvent peur de perdre l’amour de l’autre si elle dit la vérité alors que c’est précisément ce qui se produit parce qu’elle ment. La trahison tant qu’à elle, est une rupture d’engagement, un manque flagrant de respect. Acceptez-vous ce genre de comportement, ce manque de respect envers vous ? Et si ce n’était qu’un ami qui vous avait trahi, qu’arriverait-il ? Vous accepteriez aussi ?

Pour qu’il y ait trahison, il faut d’abord qu’il y ait eu entente. Si vous n’avez pas convenu clairement entre vous que vous vouliez que la relation soit exclusive par exemple. Si ce n’est que dans votre tête et non exprimé, vous n’avez pas d’entente claire. Il vous appartient de verbaliser vos besoins et ce qui a de l’importance pour vous. Ainsi que de vous assurer de la réponse. Si l’autre vous confirme qu’il a le même besoin, vous avez une entente et vous êtes en droit de vous attendre à ce qu’il respecte sa parole. Si ce n’est pas le cas, il vous appartient également de voir ce que vous en ferez.

Je croyais que nous nous aimions et que notre amour durerait toute la vie, qu’il ou elle serait l’homme ou la femme de ma vie,

Qu’est-ce que l’amour ? Parle-t-on de désir ici, de passion ou de sentiment ? Que veut-on dire par s’aimer ? Je suppose que dans cette phrase, c’est le fait de rester avec la même personne toute sa vie. Il n’est pas impossible de rester et d’aimer la même personne toute sa vie. Cependant, cela demande soit des sacrifices soit une bonne connaissance de soi et une bonne authenticité afin de s’aimer suffisamment pour ne pas rester dans le piège de la culpabilité et la peur de ne pas être aimé. Mais je réalise que parfois, le confort d’une relation nous maintient dans une zone de confort où il est difficile d’immerger.

Personnellement, je vie avec la même personne depuis 30 ans. Nous avons passé toutes sortes d’épreuves et de crises, si j’ose m’exprimer ainsi. Nous avons passé près de la rupture au moins 3 fois. À chaque fois, c’est parce que mon corps m’avertissait que je ne pouvais plus ignorer mes besoins, qu’il était temps que je m’en occupe et que dans le piège du quotidien et des responsabilités, de la culpabilité, je les avais mis de côté, le jugeant de caprice et restant dans le confort de cette habitude. Le résultat est toujours le même, si nous taisons nos besoins, nous mourrons à petit feu, la vie s’efface peu à peu mais on ne le réalise pas vraiment, perdu dans l’activité du quotidien et des responsabilités.

Si vous avez peur d’être seul, c’est que vous l’êtes déjà. Vous êtes peut-être en couple mais vous êtes tout de même seul. Si vous avez peur d’être seul c’est que vous avez peur de vous retrouver seul avec vous-même. Vous redoutez de ne plus avoir de distraction qui vous obligerait à vous retrouver face à vous-même, la personne que vous aimez le moins au monde.

J’imaginais notre vie autrement, de ne vit pas la vie que je souhaitais

Là aussi, si vous êtes déçu de ne pas vivre la vie que vous souhaitiez c’est qu’à quelque part, vous vous êtes perdu, oublié. Je vous souhaite de vous accorder toute l’importance que vous méritez Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Tant que vous êtes en vie vous pouvez toujours corriger la situation.

J’espérais qu’il ou elle soit plus sensuelle, qu’on arriverait à se parler

Un manque de sensualité n’est pas une fatalité tout comme le manque de communication. Cela est le fait de votre inaction et de votre silence. C’est également dû à l’ignorance. Plusieurs n’ont jamais appris à communiquer, lorsqu’il ouvre la bouche c’est pour raconter des histoires ou critiquer. La communication passe par le senti sinon c’est de la conversation, du monologue et des paroles sans importances. Pour être compris et entendu par l’autre, vous devez obligatoirement vous exprimer au JE. Ce qui veut dire exprimer ce que vous ressentez, vivez sans impliquer l’autre et sans passer au TU. Sinon, c’est de l’accusation, de la critique et l’autre se ferme, n’entend pas.

Même chose pour la sensualité, c’est quelque chose qui s’apprend mais pour cela, vous devez exprimer clairement votre besoin et vous en occuper. Vous devez le guider, l’instruire sur ce sentier inconnu pour lui. Je vous suggère d’aller lire mon article intitulé « c’est quoi un homme sensuel ». Je développe le sujet.

Conclusion

Je crois que s’il faut retenir quelque chose de la déception, c’est qu’elle existe parce que l’on a des attentes envers l’autre. Il nous faut comprendre cependant que l’on a aucun pouvoir sur l’autre, on ne peut pas le changer. On ne peut que le prendre comme il est et décider si cela nous convient ou non. Si vous décidez que oui, arrêtez d’avoir des attentes et vivez le présent. Si vous décidez que non, prenez les mesures qui s’imposent pour vous respecter. Pas évident comme sujet. Merci à vous tous, vous avez été nombreux à répondre à mon invitation lorsque j’ai posé la question sur votre plus grande déception en amour. J’espère que vous avez apprécié et je vous revois dans un prochain article.

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